Voici une deuxième (et plus courte) parabole du p. Curty pour notre plus grande illumination. Bonne contemplation mes bons amis!
LE CIERGE
On l’avait laissé là, aux pieds de la statue,
afin de prolonger une prière et de perpétuer et de jour et de nuit,
une joyeuse action de grâce ou une ardente imploration.
Sa présence était silencieuse,
mais la flamme qu’il soutenait en disait bien plus long que beaucoup de paroles.
Il ne faisait rien d’autre que d’être là,
se laissant lentement consumer jusqu’au bout par cette flamme quasi immatérielle,
qui s’élevai toute droite vers le ciel,
tantôt mouvant et agité comme les sentiments du cœur de l’homme,
et tantôt immobile et paisible comme il en est des âmes pures.
Il était fait d’un matériau très ordinaire
et dans lequel s’étaient incorporées d’inévitables scories,
mais la flamme transformait peu à peu en une pure lumière,
la molle cire mêlée de suif,
si bien qu’avec le temps le cierge tout entier disparaîtrait dans la flamme,
en ne laissant qu’un peu de résidu.
Et d’ailleurs ce qui importait, ce n’était point tant le cierge lui-même,
quelle qu’en la matière, que bien plutôt la flamme qui par lui prenait vie!
Et dans l’obscurité qui maintenant descendait tout à l’entour du haut-lieu de prière,
le cierge, en conservant sa flamme vive, faisait bien plus qu’éclairer les ténèbres;
il rendait lumineuse, la nuit même du cœur, comme si à travers cette clarté terrestre,
allait bientôt se révéler l’incorruptible lumière du jour qui ne finira pas !
Tel il en est du cierge, tel il en est de l’homme,
dans l’état de prière ou durant la souffrance!
Le plus dur, c’est de demeurer en d’interminables moments aux pieds du Dieu vivant,
en se contentant de l’aimer et d’être aimé par lui,
tout en persévérant ainsi dans la ténèbre de la prière
ou dans la longue nuit de souffrance ou d’épreuve,
sans que rien de nouveau ne vienne à se produire,
qui enflamme les sentiments ou qui occupe l’attention!
Certes, aux purs désirs du cœur,
se mêlent alors d’inévitables distractions et combien d’autres misères!
Mais la foi qui s’achève en amour ne cesse de purifier
ce qui dans l’homme est trop humain et le transfigure en surnaturel.
Il suffit donc à l’homme d’être là, sans plus,
en se laissant peu à peu consumer par la flamme invisible de l’amour de son cœur,
jusqu’à ce que sa vie tout entière embrassée soit transformée par ce feu intérieur
qui jamais plus ne s’éteindra!
Et dans la nuit qui lentement descend sur la terre des hommes,
alors que tout sommeille ou que se trame dans le secret l’œuvre occulte de l’esprit des ténèbres, l’amoureuse contemplation du cœur qui prie,
dans le silence, répand une clarté nouvelle, que ne voient pas les yeux du corps,
sur tous ceux qui de par le monde cherchent dans la nuit de leur cœur la lumière de la vérité!
samedi 21 mars 2009
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3 commentaires:
Comme il est bon de faire brûler un cierge, notre prière continue à brûler même après notre départ.
Le petite flamme du cierge, qui monte paisiblement vers le ciel et qui soudain s'agite au gré d'un courant d'air, puis redevient verticale et sereine me fait penser à ma propre attitude, ma propre prière quand je suis en adoration. Soudain mon esprit divague, virevolte, puis revient, calme, vers le Seigneur.
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